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DAKHLA

À la pointe Sud de la baie du Rio de Oro, la capitale de la région de l’Oued Eddahab-Lagouira , fondée en 1884 et baptisé Villa Cisneros par les Espagnols , fut aussi une escale de la ligne de l’Aéropostale vers Dakar . Autrefois coupée du monde , ensablée , délaissée , elle s’est transformée en quelques années à force d’investissements colossaux . Naguère ville horizontale et blanche , elle a vu surgir des sables dérouteront ceux qui l’ont connue à l’époque des convois en partance vers Nouadhibou. Mais que l’on ne s’y trompe pas .Même si la corniche prend des allures de station balnéaire , le vieux Dakhla mais pour combien de temps encore ? retient l’attention .Celui qui ose dire qu’il n’y a rien à voir ou à faire dans cette ville est aveugle et sourd à la magie qui opère quand sonne le jour finissant le réveil à l’heure espagnole .Elle se transforme alors en un vaste souk , où une foule compacte et chaleureuse s’étourdit entre mille et une échoppes dans un tourbillon de musique et d’odeurs .L’Afrique noire est proche et tout semble en annoncer la couleur .Atmosphère joyeuse et bon enfant , femmes souriantes drapées dans leur melfah , conversations animées des hommes fièrement revêtus de leur darâa… Un dernier regard compatissant sur un dromadaire couchée sur le trottoir rn attendant son sacrifice en l’honneur de jeunes mariées , et déjà la perspective du retour renvoie au souvenir ému d’un voyage au bout du rêve .La remontée vers le nord sera pleine de saunages et d’appréhensions : en quittant ces ‹déserts vivants› s’insinue le sentiment étrange et paradoxal de retourner vers nulle part …

En somme , de tourner le dos à la civilisation.

5 août, 2013 à 1 h 22 min


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